Sommaire :
La définition et les origines de la sérigraphie
L'écran pour la sérigraphie
La préparation de l'écran pour la sérigraphie
La fabrication des tissus pour la sérigraphie
L'impression de la sérigraphie
La sérigraphie sur verre
Les dessins et croquis sont tirés des ouvrages de Michel Caza "Les techniques de la sérigraphie", tomes 1-2-3 (Editions Info-Pub)
Les utilisations de la sérigraphie sur verre sont multiples, notamment en publicité et
décoration: enseignes lumineuses d'extérieur ou d'étalage, miroirs publicitaires avec
combinaison argenture-couleur, imitation de gravure, agent de protection dans la gravure
véritable, dessus de table, éléments de mobilier...
La technique de base, préparation de l'écran et impression, reste la même que pour les
autres supports (on peut utiliser les mêmes tables manuelles ou semi-automatiques ; la raclette
doit être mi-dure -65/70 shores, affûtée à angle droit ; il faut dégraisser soigneusement le
verre avant l'impression et se méfier de la poussières, surtout pour les impressions destinées à
être éclairées par l'intérieur).
Cependant, il faut distinguer l'impression de l'encre et celle de l'émail : même si les encres
utilisées doivent parfois être « cuites » (jusqu'à 140°), et donc assez résistantes, on ne peut les
confondre avec les véritables émaux, qui, par vitrification entre 420° et 600°, fusionnent avec
le verre.
Les encres :
Les glycérophtalliques : ces encres à séchage lent sont assez proches des peintures laques.
Certaines sèchent à l'air ambiant et d'autres en étuve (100°)
Les encres à catalyse (type époxy) : ce sont les plus résistantes. Elles supportent les acides et
alcalins, ce qui leur permet d'être utilisées avant argenture. Ces encres à deux composants
doivent être préparées peu de temps avant l'impression car le durcisseur se polymérise en
quelques heures.
Les encres U.V. : elles nécessitent un atelier sophistiqué et complexe (protection du soleil,
tunnel de séchage U.V.). Il existe maintenant des complexes « émaux/U.V. » qui offrent les
avantages des encres U.V. (elles ne sèchent pas dans les mailles de l'écran). Cette technique
encore imparfaite (dégagement d'acide acrylique à la cuisson, cloques ou boursouflures) est
cependant en pleine expansion et ces inconvénients sont en passe d'être supprimés.
Les émaux imprimés à froid :
Les émaux sont plus délicats à imprimer que les encres, car ils n'ont pas, à l'impression, la
même couleur qu'après vitrification. De plus, leur tonalité finale peut varier en fonction de
l'émail, de l'épaisseur déposée, de l'objet imprimé, de la température du four. Toutes ces
incidences du comportement de l'émail devront être mesurées, testées et notifiées.
L'émail sera mélangé à une mixtion (liant à base d'huile) à raison de 50 à 80 % de poudre
pour 20 à 50 % de mixtion. A la cuisson (entre 420 et 600° selon les émaux), le liant brûlera
totalement. Si on veut imprimer plusieurs couleurs, il faudra attendre que la précédente soit
sèche (plusieurs heures à température ambiante, plusieurs minutes en étuve).
Les émaux imprimés à chaud (thermofusibles) :
Cette technique permet d'imprimer plusieurs couleurs immédiatement les unes après les
autres.
L'idée est de remplacer l'huile de la mixtion par des cires ou des résines solides à température
ambiante, mais possédant des points de fusion extrêmement bas, entre 50 et 100° selon les
mixtions. Il s'agit de faire chauffer l'émail(donc de le fondre) et de l'imprimer sur le verre qui
est froid ; le choc thermique ainsi crée va instantanément gélifier la couleur, ce qui permettra,
tout de suite après, d'imprimer la suivante. On peut, grâce à cette particularité, imprimer des
finesses étonnantes, l'écran ne se bouchant jamais et l'émail ne s'étalant pas sur le verre. Pour
éviter que le deuxième passage à chaud ne fasse fondre la couleur précédante, on a donné à
ces émaux des points de fusion différents. On commencera par la couleur la plus chaude (par
exemple 100°), pour continuer avec une couleur moins chaude.
Pour utiliser cette technique assez sophistiquée, il faut une machine et des écrans spéciaux.
L'écran est tendu avec un tissu en acier inoxydable qui travaille comme une résistance
électrique ; la raclette est également chauffée et, en plus, un dispositif extérieur (résistance ou
infra-rouge) chauffe la surface de l'émail. Un régulateur automatique de température se
charge de garder constant le degré nécessaire.
La décalcomanie vitrifiable :
II s'agit d'imprimer des émaux à froid sur un support papier spécial recouvert d'un vernis.
Lorsque toutes les couleurs sont imprimées et séchées, on termine par une couche d'un vernis
-slide off- (il faut utiliser un écran de 30 fils/cm, afin de déposer épais) qui va protéger les
couleurs pendant le transfert sur le support final. Pour la pose, on commence par plonger la
décalcomanie dans de l'eau tiède pendant quelques minutes, ensuite, on la place sur la surface
à décorer, puis, pendant que d'une main on maintient le motif en place, de l'autre on tire le
papier support qui va glisser sous la décalcomanie. La finition de la pose se fait avec une
éponge douée pour chasser les bulles et l'excès d'eau. Les deux couches de vernis qui
emprisonnent le motif vont s'évaporer à la cuisson.
Cette technique permet d'imprimer des motifs sur des objets en verre qui ne sont pas plats.
L'impression de protection d'argenture :
Cette technique sert à combiner miroir et couleurs.
H faut d'abord argenter toute une glace. Ensuite, on imprimera sur toutes les parties que l'on
souhaite argentées, un vernis de protection résistant à l'acide (il s'agit d'une encre au bitume).
On attaquera l'argenture non protégée avec de l'acide nitrique. Enfin, on pourra imprimer les
couleurs sur les parties du verre maintenant décapées.
La gravure du verre :
Il existe deux techniques :
La première consiste à imprimer le verre avec une encre bitume ou un vernis U.V. résistant à
l'acide fluorhydrique, en laissant en réserve les parties à graver. Il suffit alors d'attaquer le
verre non protégé à l'acide et à dissoudre ensuite l'encre à bitume avec du trichlore-éthylène,
du benzol ou du toluène (attention, ces produits sont très dangereux et pour la plupart
maintenant interdits).
La deuxième méthode consiste à imprimer directement avec une pâte acide (importée des
E.U.) qui attaquera le verre. Cette technique est délicate et ne convient que pour les gravures
légères.